Notre meilleur vœu pour 2018
BALANCE TES PORCS !
ce que les citoyens français peuvent faire dès demain matin pour leur pays…
Par Alain Sagault, mardi 2 janvier 2018 à 17:12 :: LE GLOBE DE L’HOMME MOYEN ::#10815
un vœu pieux pour 2018 ?
« La capacité de vendre les apparences, c’est le propre de l’imposture. »
« La parole politique aujourd’hui se condamne à la séduction et à la tromperie. »
Roland Gori, 2014
« Mais ils ne font guère mieux ceux d’aujourd’hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux. On connait la formule dont ils font si finement usage ; mais peut-on parler de finesse là où il y a tant d’impudence ? »
Étienne de La Boétie, 1574
Au lendemain des vœux hypocrites du dangereux Tartuffet propulsé à la Présidence par l’oligarchie mafieuse qui l’a coopté et par une partie de l’opinion publique déboussolée et ouverte à toutes les manipulations qui peuvent lui donner bonne conscience et la rassurer, il est en effet nécessaire d’émettre un vœu, qui, compte tenu de l’état de déliquescence et de corruption avancée de notre société, risque malheureusement de rester pieux.
Notre communicant en chef, pompant avec son habituelle impudence les convictions d’autrui pour en parer son discours aussi formaté qu’insincère, exige donc des citoyens de France qu’ils se demandent chaque matin ce qu’ils peuvent faire pour leur pays.
Pour une fois, je ne peux qu’approuver cet appel au patriotisme. Et le reprenant à mon compte, j’exhorte les citoyens de ce pays à se demander, mais vraiment, ce qu’ils pourraient faire de mieux pour leur pays.
Un pays dont la vieille devise, Liberté, Égalité, Fraternité, est chaque jour bafouée, dans les actes et parfois même jusque dans les mots, par un pouvoir sûr de lui et dominateur dont le cynisme va jusqu’à affirmer qu’il écoutera le pays, mais ne l’entendra en aucun cas, et n’en fera qu’à sa tête. « L’État, c’est moi ! » aurait dit Louis XIV. Pour Macron, l’État, c’est lui et ses commanditaires, le 1% d’ultra-riches mafieux dont ce Jupiter de pacotille est l’obligé et le zélé serviteur.
La première chose, et la plus urgente, que nous pouvons faire pour notre pays, ça tient en trois mots, qui ne devraient pas servir que pour les agressions sexuelles, mais pour tous les viols envers la liberté, l’égalité et la fraternité dont ce gouvernement, à la suite des précédents et encore davantage qu’eux, se rend coupable et dont il se vante de plus en plus ouvertement.
Car si les mots ont un sens, les vœux de l’actuel Président, par-delà les précautions oratoires dont il les enrobe, signifient : « Rien de ce que vous pensez, rien de ce que vous ferez ou direz ne sera pris en compte, je suis au pouvoir, je détiens la vérité et votre devoir de citoyen est de vous mettre à son service, c’est à dire au mien et à celui de ceux pour qui je roule. »
Face aux hommes de pouvoir et de profit qui chaque matin se demandent ce qu’ils peuvent faire pour eux et contre tous les autres, le devoir des citoyens tient en trois mots :
La servitude volontaire, c’est un choix.
Que nous pouvons remettre en cause chaque matin.
Qu’attendons-nous ?
Et si vous manquez de motivation, lisez ou relisez le Discours de la servitude volontaire de La Boétie, écrit il y aura bientôt 500 ans…
J’en extrais pour votre gouverne les quelques phrases qui suivent. Ne sont-elles pas d’une brûlante actualité ?
Pour le moment, je désirerais seulement qu’on me fit comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un Tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a de pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui, que de le contredire.
Chose vraiment surprenante (...) c’est de voir des millions de millions d’hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu’ils soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient redouter, puisqu’il est seul, ni chérir, puisqu’il est, envers eux tous, inhumain et cruel.
Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ?
Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie.
Pour finir, voici trois liens vers des vidéos de TROUBLE FAIT que je découvre ces jours-ci, qui donnent de remarquables analyses, précises, fouillées, solidement argumentées, de ce que sont réellement Macron et sa politique, et de la façon dont cette scandaleuse et illégitime imposture, qui menace jusqu’aux fondements de notre République, a été mise en place :
On a élu Emmanuel Le Pen ! - YouTube
Comment Macron nous entube : ISF, Flate Taxe, APL… - YouTube
Présidentielle 2017 : Tout savoir (ou presque) sur le parcours de Macron. - YouTube
Commentaires
Oui, sans nulle réserve, le recours au "Discours de la servitude volontaire" s’impose. Voici des lustres que je m’y réfère de ci, de là, sur mon blogue des Epistoles improbables.
Près de cinq siècles écoulés, et rien de fondamental ne change. La notion de "Progrès humain" est une invraisemblable pantalonnade. Rabelais et les moutons de Panurge sont d’une terrifiante actualité.
Aveuglement, imbécillité, soumission... Ça marche au doigt et à l’œil.
L’homme est propret, jeune, bon chic, bon genre, cela suffit. Il peut jusqu’à présent se permettre ce qu’il veut, ce qui convient à ses mandants. Bonnes gens dormez en paix. ; circulez, il n’y a rien à voir, Jupin et ses portes cotons veillent ! Ils se chargent de notre bonheur.
Vœu pieux, utopie ? Et alors ? Sans rêverie, il n’est sans doute pas de réalité différente à venir. Lancer des idées, émettre des jets de vapeur, dénoncer les faux-semblants, souffler sur les braises, si faibles soient-elles !
On les balance ou ?
Port de Marseille ou Ajaccio.
ROUDOUDOU
Merci de ce commentaire, qui met lui aussi le doigt là où ça fait mal. Mais je constate une fois de plus à certaines réactions ou absence de réactions à ces vœux combien l’autruchisme de générations élevées dans le nid douilletdu confort personnel et de l’épanouissement de l’ego est désormais inscrit dans les gènes de la majorité d’une population anesthésiée, shootée au relativisme universel, au consensualisme moutonnier en guise de morale et à la démission égocentrique en guise de responsabilité.
Le Think positive, cette perverse déformation de l’optimisme, a créé un monde de Gribouilles, décérébrés volontaires, parfaitement imperméables à tout ce qui pourrait déranger leur somnolence béate et leurs petites satisfactions consuméristes. Le repli sur soi dans des isolats micro-communitaristes au sein du malsain bouillon de culture mondialisé nous rend tous plus ou moins autistes…
Plus la situation s’aggrave, plus ils fourrent profond leur tête dans le sable du négationnisme mou.
L’optimisme sans lucidité, l’optimiste volontariste, est désormais un crime contre l’humanité.
Le seul espoir aujourd’hui réside à mes yeux dans la lucidité d’un désespoir qui ne renonce pas à l’action.
Amen !