LE GLOBE DE L'HOMME MOYEN

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dimanche 30 avril 2017

VOTER MACRON OU S’ABSTENIR : CHOISIR ENTRE DISCOURS CREUX ET PAROLE HABITÉE

Je reçois à l’instant d’un ami ce beau et fort texte de Dimitris Alexakis. Il formule clairement l’essentiel de ce que nous pouvons répondre aux tenants de l’oligarchie néo-libérale mondialisée quand ils entament l’infâme ritournelle du chantage aux "valeurs". Il est passionnant et très instructif de comparer le texte de Cornu (vous le trouverez ci-dessous à la suite de celui d’Alexakis, vous pourrez ainsi juger sur pièces !) et celui qui suit. Leur confrontation met en lumière ce qui sépare un discours creux d’une parole habitée, et les artifices d’une rhétorique tournant à vide de l’analyse lucide d’une situation réelle. Cornu cherche à imposer une norme et une conduite, Alexakis tente de partager un point de vue et l’engagement qu’il détermine. Le premier parle du haut d’une chaire, le second du fond du cœur, Cornu veut répondre à notre place à une question qu’Alexakis se pose et nous pose.

C’est toute la différence entre un tenant de l’oligarchie et un amoureux de la démocratie.

 FACE AU CHANTAGE : À PROPOS DU 7 MAI 2017

Je n’aurai pas le temps de lire aujourd’hui d’autres articles, d’autres études sociologiques, d’autres analyses et d’autres déclarations, il faut garder la petite, préparer le travail du soir, écrire le texte que je devais rendre le 25 avril et dont la remise a été reportée au 2, mais j’en sais déjà assez, je crois. Il faudra bien que je me passe des analyses d’Emmanuel Todd (que j’aimerais lire mais qui sont en accès payant : quelqu’un pourrait-il les publier sur sa page ? sur son profil ?), et de tant d’autres— il arrive forcément un moment où l’on doit décider seul, avec ce que l’on a, ce que l’on sait en l’état et ce que l’on est.

Je sais quelque chose, même si cela fait longtemps que je n’ai plus le temps de lire et de m’informer autant que je le voudrais (de lire comme à 15 ans, à 20 ans ou à 30) : je sais que la montée du FN n’a cessé d’accompagner l’abandon déclaré, assumé, des classes populaires, des « bastions ouvriers », des chômeurs que les ouvriers de naguère tendent de plus en plus massivement à devenir depuis le tournant des années 80, ne cessent de devenir encore, à Florange, Amiens, Saint-Nazaire, des jeunes travailleurs précaires qui se sont démultipliés dans un champ du travail de moins en moins lisible à partir du milieu des années 70 et aussi, et peut-être avant tout, du monde rural, par les partis et l’ensemble des gouvernements qui se sont succédés depuis 1981 comme par toute une frange de la population (des « classes moyennes éduquées », pour parler à traits larges, et des intellectuels, de ceux qui sont avant tout possesseurs d’un capital culturel, de ceux qui, à un moment de leur vie ou tout au long de leur vie, ont eu le temps de lire).

Je sais que l’alternative qui nous est aujourd’hui proposée (entre la finance ou le fascisme) est une forme particulièrement viciée, particulièrement perverse de reconduction de ce pacte passé dès les premières années du gouvernement socialiste (1983) entre ces mêmes classes moyennes, les professions libérales et le patronat, sur le dos de ceux qui ne possèdent pas de capital et, en particulier, pas de capital culturel.

Je sais que, par rupture avec toute une partie du mouvement ayant suivi Mai 68, l’écrasante majorité des intellectuels « de gauche » a, à un moment crucial, pris le parti ou décidé de se retirer du jeu, de la construction de solidarités entre les classes, de l’organisation de transferts et d’échanges réciproques de savoir permettant de bâtir des luttes entre pratiques ouvrières, agricoles et savoir livresque, théorie, réflexion collective, création d’espaces pour un discours et une expérience politique en commun entre l’usine, les champs et l’université : de cesser d’incarner un point de connexion, de jonction, entre classes populaires et classes passées par l’université (et cela vaut autant pour le monde de la production industrielle que pour le monde rural ; mais aussi, de manière chaque jour plus aiguë, de la solidarité en acte avec les migrants).

Je sais que la reconduction de ce pacte marqué par l’égoïsme bourgeois le plus étroit ne peut plus aujourd’hui se prévaloir, s’il l’a jamais pu, de cette caution morale qu’était jusqu’à présent censée lui apporter l’injonction du « tous ensemble contre le fascisme », en premier lieu parce que la gauche de gouvernement a transformé l’antiracisme en serpillière de ses opportunismes et de ses reniements, en second lieu parce qu’aucune réflexion sociale n’a jamais accompagné aucun « sursaut républicain ». Privé de toute véritable réflexion sur les causes sociales de la montée de l’extrême-droite, cet antiracisme-là (celui de SOS Racisme comme des grandes manifestations unitaires des années 90 — mais certainement pas celui, dans notre enfance, de la belle marche pour l’égalité) n’a jamais été qu’une passoire, qu’un crible ne faisant dans le fond barrage à rien — la preuve en est apportée aujourd’hui, de la façon la plus critique, la plus criante et, au vrai, la plus dramatique qui soit.

Je sais aussi quelque chose du racisme profond qui habite depuis des décennies la société française. Je ne devais pas avoir 8 ans lorsque le gardien de notre ILM (Immeuble à loyer modéré) de Place des Fêtes m’a menacé un jour de me renvoyer dans mon pays « avec un coup de pied dans le cul » — et cette remarque m’a certainement marquée à vie. Dans l’immeuble de la rue du docteur Potain où nous avons grandi, mon frère et moi, nos amis s’appelaient Bichara, Céline, David, Samuel, Reda, Karim, Eric, Basile, Lamine, Stratos, Frédéric, Moussa, Aïssatou, Heidi. Je me souviens des bavures et du mot ratonnades dont l’écho a suivi toute notre adolescence, et des noms. Je me rappelle avoir, quelques années plus tard, été saisi à la gorge par un policier du commissariat du Forum des Halles et soulevé, contre le mur, au bord de l’asphyxie : je venais de protester et de m’opposer à un contrôle d’identité humiliant. Je sais quelque chose de ce racisme : je l’ai reçu dans la face comme une insulte, très jeune, je l’ai senti se refermer sur ma gorge — moi qui suis pourtant, comme le disait Pasolini, « un petit bourgeois », un privilégié, quelqu’un que les livres protègent, quelqu’un qui, en cas de démêlés avec la justice, aura plus de chances d’échapper à l’incarcération que, par exemple, la plupart de nos amis d’enfance.

Je sais aussi, pour avoir vécu en Grèce ces quinze dernières années, que l’alternative Macron / Le Pen est une nouvelle forme du non-choix auxquels les Grecs, singulièrement, ont été confrontés en juillet puis en septembre 2015. Le chantage exercé alors sur le peuple grec par l’Eurogroupe consistait à faire jouer la menace d’une sortie en catastrophe de l’euro et de l’effondrement, du jour au lendemain, du système bancaire. Le chantage exercé aujourd’hui sur le peuple français est peut-être plus violent encore, car il utilise une arme de nature éthique, ou morale : votez pour la finance afin de faire obstacle à l’horreur, au parti de la haine de l’autre. Votez pour les plans d’austérité que nous vous infligerons, car vous n’avez plus le choix.

Mais la finance n’est-elle pas, aussi, un parti de la haine ? De la haine des pauvres, des réfugiés, des ouvriers, des chômeurs, des sans dents, des incultes ? Derrière le visage étrangement lisse d’Emmanuel Macron, ne faisons pas semblant de ne pas apercevoir les chiffres atroces et le réel des plans d’austérité, celui, notamment, de l’accroissement de la mortalité infantile et des suicides dans les pays du Sud, ni la réalité sordide des camps de réfugiés organisés en Grèce sous les auspices de l’Union européenne, ni le silence de ceux qui continuent de mourir en Méditerranée.

Le propre de la gouvernance néo-libérale est de nous contraindre à apposer notre signature à son programme de guerre sociale alors même que nous savons qu’il est dirigé contre nous, contre la société, contre ses solidarités les plus élémentaires. De lui donner notre aval, fût-ce sous la menace d’un chantage cru.

Quelle « caution morale » et quel assentiment subjectif apporter à un mouvement incarnant la destruction de plus en plus accélérée, à travers l’Europe, des classes populaires, de toute une partie des classes moyennes, mais aussi, à l’échelle mondiale, des ressources naturelles et de la planète elle-même ?

L’antiracisme quinquennal des classes dirigeantes françaises n’est fondamentalement que la caution morale d’un égoïsme et d’un cynisme de classe : le vernis dont les intellectuels et une grande partie de l’électorat socialiste tentent de recouvrir leur trahison historique.

Cet antiracisme-là doit finir, est fini : chacun le sait, tant son masque apparaît désormais craquelé, boursouflé, caricature ne pouvant même plus se prévaloir, par différence avec 2002, de la tradition républicaine.

Fascisme, austérité, silence. La seule issue, pour la gauche, consiste désormais à se tenir à distance des injonctions morales d’une hypocrisie absolue de ceux (journalistes, intellectuels organiques du capital) qui, en la pressant de se prononcer en faveur d’E. M., n’ont pas d’autre objectif que de la voir abjurer — ce qu’Alexis Tsipras, après six mois de gouvernement, s’est résolu à faire, et ce dont Jean-Luc Mélenchon s’est pour le moment heureusement bien gardé.

Elle est surtout de travailler à une nouvelle alliance de classes, de groupes sociaux, de fragments dispersés, désunis, de modes de travail, de modes d’être et de vie, de cultures (« nouvelle » dans le sens où le travail a, depuis les années 70, subi des transformations décisives), en faveur de la redistribution et de la justice sociale : contre une accumulation des richesses devenue proprement monstrueuse, pour leur partage, et pour la circulation du savoir à travers l’ensemble du champ social.

Nous sommes des milliers, en ce moment-même, à débattre (ou à nous déchirer) sur les décisions que nous prendrons le 7 mai, mais peut-être conviendrait-il d’abord de dire l’évidence : que les termes du débat sont faussés. Que ce débat est un piège, car il repose sur un chantage et sur l’appui objectif apporté depuis des décennies par l’establishment aux thèses de l’extrême-droite, au détriment des revendications de justice. (Favorisons la création du monstre, nourrissons-le, puis déclarons : Votez pour la finance, sans quoi nous sortirons le monstre de sa cage.) Ce débat vicié doit et peut être, maintenant, radicalement dénoncé, contesté dans ses termes. L’alternative entre Macron et Le Pen est le symptôme le plus éclatant de la perversion profonde du système capitaliste contemporain, dans sa forme néo-libérale et (forcément) autoritaire. Nous ne devons pas nous résoudre à ce que « gouvernance » soit désormais, dans tout le continent européen, et au-delà, synonyme de « chantage ». Cette imposture doit être maintenant, aujourd’hui, dénoncée et ramenée à ses causes.
Alexakis poursuit sa réflexion ce dimanche, vous pouvez la suivre en cliquant sur ce lien :
LE FASCISME NE VIENT JAMAIS SEUL


 MOUVEMENT SOCIAL ET CRISE DÉMOCRATIQUE

29 AVR. 2017 PAR LES INVITÉS DE MEDIAPART ÉDITION : LES INVITÉS DE MEDIAPART`

Il s’agit en l’occurrence d’un universitaire, historien, Pierre Cornu.

« Qui peut prétendre trouver dans la haine de Francfort et de Bruxelles la continuité du mouvement social dans sa dimension historique ? Qui ne voit que la haine de l’oligarchie produit non des prises de la Bastille, mais des pogroms ? », s’interroge Pierre Cornu, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lyon, pour qui la gauche doit « défendre, envers et contre tout, les instruments de la démocratie et de la coopération européennes ».

Il se trouve donc, dans la France de 2017, des électeurs de gauche qui, confrontés, lors d’une élection présidentielle qui concentre tous les instruments de la raison d’État dans les mains d’une seule personne, au choix entre un candidat démocrate, libéral et pro-européen, et une candidate populiste, réactionnaire et nationaliste, restent sur leur quant à soi. Fort bien, suivons leur logique.

L’ennemi, pour ces électeurs, c’est la finance, l’oligarchie capitaliste. Hier bourreaux des peuples, aujourd’hui fossoyeurs de la planète, les « puissances d’argent » mènent le monde vers l’abîme. Emmanuel Macron a travaillé pour la banque Rothschild, il est soutenu par des industriels et des financiers, il serait donc l’ennemi. Marine Le Pen, elle, est l’héritière d’un instrument politique de captation du vote des perdants réels ou potentiels de la société de la compétition libérale, et dénonciateur obsessionnel de la finance et des élites « cosmopolites », le Front national. Elle serait donc, au regard de la lutte contre l’ennemi capitaliste, une simple concurrente. Confronté à un choix entre la figure de l’ennemi et celle de la concurrence, que faire ? Relire Marx, peut-être, et pourquoi pas Lénine aussi, qui lui, au moins, savait analyser froidement les rapports de force et ne se laissait pas griser par les moyens réclamés par ses fins.

Déçu des promesses non tenues de la social-démocratie, inquiet de la dégradation accélérée de l’habitabilité de la planète, l’électorat de gauche est en effet travaillé par un processus de radicalisation politique dont on peut comprendre les ressorts – la menace bien réelle que fait peser l’absolutisme du profit sur des équilibres sociaux et écosystémiques au bord du collapsus –, mais qui révèle de manière cruelle la misère philosophique de l’anticapitalisme contemporain, et sa propension désespérante à faire le jeu de son ennemi et le bonheur de ses adversaires. Certes, la complexité, c’est compliqué. Le monde interconnecté, hyper-technicisé, à la fois violemment conflictuel et puissamment syncrétique de ce début de XXIe siècle a de quoi faire perdre ses repères au militant socialiste et écologiste le plus convaincu. Mais les pères du socialisme, eux aussi, avaient affaire, dans leur propre entourage, à des dérives doctrinaires et à des tentations simplificatrices. Et c’est parce que leur œuvre avait un rapport exigeant à la vérité et à la durée qu’elle demeure féconde aujourd’hui encore. À condition, bien entendu, qu’elle soit véritablement lue et méditée, et pas seulement paraphrasée de manière approximative, ou transformée en millénarisme kitsch. Quant un enfant gâté de la globalisation renverse la table, il ne réalise pas un acte révolutionnaire, mais un caprice. Faut-il que la gauche française soit tombée si bas qu’elle se laisse emporter par un spontanéisme révolutionnaire à contre-temps et à contre-emploi, qui, la chronique des temps modernes l’atteste, n’a jamais produit que des désillusions sanglantes ? Et faut-il que les dirigeants de la gauche française aient oublié à ce point leur propre histoire pour s’imaginer qu’ils pourront tirer les marrons du feu d’une époque de haine de soi et d’autrui ?

La présente campagne électorale, dominée par la mise en scène d’un combat existentiel de tous les instants entre une nation désemparée et des intérêts acharnés à sa perte, porte en effet tous les stigmates du capitalisme postindustriel : inscrite dans l’économie de la consommation immatérielle, cette mise en scène du « match » entre populisme et oligarchie applique consciencieusement le marketing de l’industrie pornographique, qui consiste à capter l’énergie des individus pour la drainer et l’épuiser par des stimuli sans cesse plus puissants et plus destructeurs. Pour les promoteurs de cette déréalisation mortifère de la vie sociale, peu importent, d’ailleurs, les valeurs au nom desquelles les électeurs choisissent de détruire les instruments de la régulation démocratique, pourvu que celle-ci ne s’en relève pas et laisse le champ libre à une économie de la prédation généralisée. Que l’on écoute avec attention les discours anti-systèmes, « dégagistes » et purificateurs de cette campagne, la façon également dont des intellectuels et des cadres politiques renient leur position et leurs responsabilités pour se faire les porte-parole vengeurs des « damnés de la terre », c’est en effet une impression de jouissance morbide qui s’en dégage. Et l’observateur attentif ne peut que s’alarmer des similitudes objectives entre cette passion nihiliste et la bigoterie mesquine et haineuse qui se développe comme une épidémie du sous-continent indien aux États-Unis. Qui, en effet, peut prétendre trouver dans la haine de Francfort et de Bruxelles la continuité du mouvement social dans sa dimension historique ? Qui ne voit que la haine de l’oligarchie produit non des prises de la Bastille, mais des pogroms ?

Porteur des aspirations à la dignité des peuples, le mouvement social se nourrit depuis le XIXe siècle d’un juste équilibre entre réalisme et idéalisme, dans l’affirmation obstinée et incarnée de ce que le travail n’est pas une marchandise, et que la vie sociale n’est pas un marché. Par ses luttes, le mouvement social ne cherche pas à détruire, mais à bâtir la modernité ; non pas à réduire, mais à cultiver la liberté d’expérimenter, de créer, d’exprimer ; non pas à épurer l’existence humaine de toute jouissance, mais à lui imposer les principes de partage et, aujourd’hui, de souci de la durabilité. Les sciences et les techniques, la connaissance de l’homme et de la nature, les jeux de l’échange eux-mêmes, ne sont pas intrinsèquement des instruments d’oppression, comme une critique nihiliste de la modernité tendrait à le faire croire, mais les enjeux mêmes de la conquête démocratique.

Les mouvements réactionnaires, eux, se nourrissent depuis la même époque de l’anxiété générée par la dynamique de la modernité, et à chaque fois que l’opportunité s’en présente, cherchent à la transformer en panique autodestructrice, le plus souvent au profit de régimes répressifs, qui habillent d’une mythologie de pacotille leur entreprise de pillage des ressources du travail et de la nature. De fait, ce n’est que dans la panique qu’une société peut accepter la perte en rationalité qui lui permet de troquer ses intérêts de long terme contre la satisfaction émotionnelle d’un pur moment de destruction et d’aliénation à une figure fantasmatique de l’ordre, celle du chef providentiel – telle qu’elle se réinvente aujourd’hui en Turquie par exemple. Qui ne se souvient des désastres que causèrent au XXe siècle les échecs ou les trahisons du mouvement social face à cette chimère réactionnaire ?

Or, une analyse clinique de la situation sociale de la France et de l’Europe de ce début de XXI siècle oblige à considérer que le mouvement social se trouve dans un moment de grande faiblesse, en raison d’une part du processus de désindustrialisation et d’automatisation du travail, et d’autre part du développement de la consommation de masse, y compris et surtout de biens immatériels saturés de fausses significations qui inhibent le potentiel d’engagement collectif du corps social. Faut-il s’étonner, dès lors, que les adversaires objectifs du mouvement social encouragent les factions réactionnaires à capter son héritage par une stratégie d’hystérisation des rapports sociaux et de désignation opportuniste de nouveaux boucs émissaires – élites et minorités fondues dans une même altérité menaçante ?

Ainsi, quoi qu’en disent les prédicateurs de la repentance antilibérale, le désespoir aveugle qui semble saisir la société française n’est pas une réaction « naturelle » à la crise économique et sociale, il est produit, entretenu, dirigé. La désignation fantasmatique d’Emmanuel Macron, héritier d’un humanisme européen qui doit une bonne partie de son éthique politique au mouvement social, en ennemi de la nation, n’est pas un produit de l’analyse marxiste, mais du vichysme le plus rance. Nulle surprise à ce que l’extrême-droite se complaise dans cet imaginaire. Mais qu’une partie de la gauche, par aveuglement, ne voie plus dans la démocratie et dans les droits de l’homme que des à-côtés du libéralisme économique, et se place dès lors en alliée objective de la réaction – au seul profit de cette dernière –, voilà ce que l’on ne saurait accepter.

Que l’on ne se méprenne pas sur le sens de cette analyse politique. Les urgences sociales et environnementales sont bien réelles, les menaces géopolitiques hélas substantielles. Le mouvement social ne peut plus, comme naguère, considérer que le temps joue pour lui. La mythologie du progrès a vécu. Mais ce n’est pas en détruisant, dans un autodafé rageur, les instruments du traitement de la crise systémique qui touche le monde actuel – l’intelligence critique et prospective, les règles démocratiques, les institutions transnationales – que l’on va permettre de la dépasser. C’est au contraire parce que le futur proche se présente comme un abîme que l’on ne peut se permettre le luxe de détruire les institutions et les ressources existantes.

Que faire, donc, dans un contexte de pré-panique et de menace de perte collective en rationalité ? Ne pas donner raison à la déraison, ne pas jouer le jeu de l’adversaire, ne rien aliéner du capital symbolique du mouvement social. Résister, garder confiance, préparer son heure, dans une vie syndicale, associative, politique, scientifique et culturelle pleinement réinvestie, voici la mission historique d’un mouvement social national conscient des enjeux de l’époque et de l’échelle à laquelle les choses se jouent. Ce qui signifie, dans une élection présidentielle française scrutée par le monde entier comme un point de basculement décisif entre deux devenirs possibles, défendre, envers et contre tout, les instruments de la démocratie et de la coopération européennes, avec tous les hommes et femmes de bonne volonté qui ne se résignent pas à la guerre de tous contre tous et qui croient encore en la puissance transformatrice de l’intelligence collective.

mercredi 26 avril 2017

ENTRE UN JOUEUR DE PIPEAU ET UNE MARCHANDE DE POISON, QUE CHOISIR ?

Si Macron n’est pas le candidat de la finance, je voudrais bien savoir pourquoi, le lendemain du premier tour qui le voit se qualifier, la Bourse prend d’un coup plus de 4% !

À y regarder d’un peu plus près, le joueur de flûte douce de l’Orchestre de la Mondialisation Heureuse me semble tout aussi facho et tout aussi dangereux que la grosse caisse de l’Orphéon des Fanfarons Nationaux.

Voilà un gugusse sorti de nulle part comme un lapin d’un chapeau par des prestidigitateurs marrons, vieux chevaux de retour du libéralisme le plus pervers, la Banque Rotschild, Attali, Minc, Hollande. Cet ectoplasme brillamment formaté, les médias assujettis au CAC 40 le font gonfler en quelques mois sous les yeux énamourés des ménagères de plus de 50 ans travaillées par une ultime poussée d’œstrogènes.
Sorti de nulle part ? Au fait, il n’aurait pas déjà un sacré bilan, le chérubin virginal à sa mémère ?
Peuple oublieux !
Somme toute, il a seulement inspiré la politique économique stupide et catastrophique du quinquennat qui s’achève (cas de le dire !), du désastreux CICE à la loi El-Komri, qui ne lui paraît pas aller assez loin dans la destruction du Code du Travail, en passant par la grotesque loi fourre-tout qui porte son nom.
Il a accepté et soutenu à peu près toutes les mesures antidémocratiques de ce quinquennat ignoble, de l’usage systématique du 49/3 aux lois liberticides.
Excusez du peu !
Pour un nouveau-né à peine sevré, il a déjà un sacré casier politique, notre angelot…

Et il compte bien l’embellir !
Lui Président, à peine arrivé au pouvoir après une campagne de parfait démagogue, noyant le poisson avec un sens du flou artistique digne de David Hamilton et caressant tout le monde dans le sens du poil, il compte gouverner par ordonnances.
Main de velours, mais gant de fer. C’est qu’il s’agira de faire au plus vite les réformes, je veux dire les régressions qu’attendent ses commanditaires de la haute finance mondialisée, à commencer par ses amis et soutiens, Bolloré, Niel, Drahi, Bergé, j’en passe et des moins pires.
Retraités ou travailleurs, si vous pouvez détacher un instant les yeux du doudou duveteux suavement parfumé Bernard Arnault avec lequel il vous chatouille les narines, jetez un œil à son bilan, et après regardez un peu plus en détail le programme de ce si attachant nounours.
Dites-moi ensuite les yeux dans les yeux que lui Président, ce ne sera pas Hollande en pire !

Mais ne me croyez pas sur parole, renseignez-vous sur l’innocent petit Emmanuel et sur sa fabrication par des médias désormais asservis.
Aude Lancelin, par exemple, vous en dit déjà beaucoup sur son blog avec l’article que voici :

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Je joins le lien vers son excellent blog :
Emmanuel Macron, un putsch du CAC 40

Et un lien vers un entretien décapant où elle met en lumière l’état actuel de la presse :
Une discussion avec Aude Lancelin sur l’état (désastreux) de la presse hexagonale

Pas question pour autant d’aller voter Le Pen !
Même si ce serait bien fait pour les salauds qui l’ont amené aux portes du pouvoir et veulent nous refaire le coup du « Tout sauf le FN » !
Tout sauf le FN, vraiment ? Ça veut dire quoi, au juste, ce « Tout sauf le FN ! » bramé par les bonnes consciences hypocrites ou naïves de l’élite autoproclamée ?
Si je comprends bien l’article mediapartien et assez martien publié avant-hier par Noël Mamère, nos élites sont archi corrompues et mènent depuis trente ans une politique injuste et catastrophique, mais il faut voter pour les maintenir en place afin d’éviter qu’arrive au pouvoir un parti fascisant qui, soit dit en passant, ne peut guère être tenu pour responsable du désastre actuel. Bref, soyons modernes, votons pour les salauds à la mode d’aujourd’hui contre les salauds ringards.
Je ne vote pas pour des salauds, d’où qu’ils viennent et où qu’ils prétendent me mener. Raison pourquoi j’avais refusé de choisir entre la peste Chirac et le choléra Le Pen en 2002, pour des raisons évidentes hélas amplement vérifiées par la suite, n’en déplaise à ceux qui confondent commodément bonne conscience et éthique.
J’approuve donc pleinement la position de Mélenchon, parfaitement cohérente avec sa vision du monde et son engagement, n’en déplaise au doucereux Tartuffe qu’est trop souvent le chroniqueur politique de France-Inter. Cohérente elle aussi, la Bourse, malgré le ridicule déni du chroniqueur « économique » de la même radio, a clairement indiqué hier que Macron est bien la divine surprise qu’espéraient les marchés.
Entre deux dangers mortels auxquels je ne peux me soustraire, je choisis le refus de choisir. Choisit-on entre la peste et le choléra ? Rien ne peut légitimement obliger un citoyen doué de raison à participer à un jeu de cons dont il sait pertinemment que les dés sont pipés.

À force de crier au loup…
Il n’est d’ailleurs peut-être pas mauvais de revenir un peu sur le bon usage, si j’ose dire, du Front National par les serviteurs de l’oligarchie financière mondialisée.
Cet usage, si profitable qu’il est devenu systématique, presque réflexe, des manipulations faussement habiles et réellement perverses initiées par le double (à tous les sens du terme) président Mitterand est désormais trop voyant, et explique en partie le rejet de plus en plus violent des partis au pouvoir au profit de l’extrême-droite, qui ne vaut pourtant pas mieux qu’eux, tant s’en faut. Au moins, disent avec une attendrissante ingénuité beaucoup d’électeurs qui votent FN, eux, on ne les a pas encore essayés. Voici donc ce que j’écrivais à ce propos il y a un an :

À force de se cacher derrière le Front National et de le diaboliser pour faire passer leurs turpitudes, les politiciens de droite et de gauche lui ont offert sur un plateau – sur tous les plateaux ! – une audience que ce parti à l’idéologie et au comportement odieux n’aurait jamais obtenue sans leur aide intéressée.
Ces calculs aussi savamment pervers qu’irresponsables ont permis de focaliser l’attention sur un éventuel danger futur en faisant du même coup oublier des dangers on ne peut plus présents.
Le FN est un parti d’extrême-droite, aucun doute là-dessus. Mais les politiques néo-libérales et leur loi de la jungle financiarisée constituent une forme bien plus moderne et dangereuse de totalitarisme, nous sommes en train de l’apprendre à nos dépens !
Car si je déteste le FN, je ne vois pas à quel titre on pourrait lui mettre sur le dos la folle et criminelle dérive libérale-nazie qui est en train de détruire aussi bien l’humanité que son environnement.
Les crises financières, c’est le FN ?
Le dérèglement climatique, c’est le FN ?
Les lois liberticides et autres états d’urgence, c’est le FN ?
Sivens, Notre-Dame-des-Landes, c’est le FN ?
Les centrales nucléaires pourries, le diesel, le compteur Linky, le WiFi, les perturbateurs endocriniens, les pesticides, c’est le FN ?
La vérité, c’est que le FN n’est que potentiellement dangereux, raison bien suffisante pour ne jamais voter pour lui, mais que l’oligarchie financière qui a peu à peu pris le pouvoir depuis une quarantaine d’années est très réellement, très mortellement dangereuse.
Au point d’être aujourd’hui en passe, avec notre lâche complicité, de nous détruire tous.

P.S : Je crois utile de rajouter ici un lien vers le très intéressant BILLET DE BLOG d’Olivier Tonneau sur Mediapart, suivi du commentaire que j’ai cru devoir lui adresser hier soir :

Face au FN : lettre aux Insoumis tentés par l’abstention

Pour l’essentiel, on ne peut qu’être d’accord, c’est un billet utile. Non pour m’amener à voter Macron, ce qui est hors de question, mais parce qu’il pose bien la problématique en jeu.

À un point près, qui détermine mon abstention : je crois qu’il y a une grave erreur de perspective à croire le FN plus dangereux que la mondialisation financière néo-libérale, que je considère comme la résurgence faussement policée des idéaux nazis, "racisme" compris, mais sous une autre forme (on change de bouc émissaire, mais il y a un bouc émissaire, tiens au hasard, le populisme). Macron est de la race des seigneurs, qui finit toujours, comme elle a généralement commencé, par être la race des saigneurs. Aujourd’hui, j’ai bien plus peur du GIGN que des trois douzaines de fascistes à gros bras que peut aligner le Front National, ce fascisme ringard et embourgeoisé. Macron, c’est du dur, et le système actuel, car il y en a bien un, qui s’installe de plus en plus ouvertement à travers la mondialisation numérique, est autrement solide et impitoyable que les partis "populistes" qu’il manipule à son profit, au risque un jour ou l’autre de se brûler les doigts (risque mineur, voir la façon dont industriels et financiers allemands ont réussi à éviter d’être entraînés dans la chute de leur poulain, laissant l’addition au bon peuple abusé). Le Pen rêve chichement d’une France isolée, Macron et ses amis cultivent l’hubris d’une fin de l’histoire encore plus folle que le fantasme hitlérien d’un Reich de 1000 ans.

Je peux me tromper, j’espère me tromper, mais je crains que beaucoup de militants de gauche se laissent aveugler par le doigt qu’on leur présente pour qu’ils oublient de voir la lune. Quant à la violence actuelle, ne serait-elle pas d’abord celle d’un inconscient collectif mondial qui malgré notre aveuglement volontaire a pris conscience du danger mortel que court l’espèce tout entière ? Nous ne sommes pas désorientés, nous sommes paniqués sans même le savoir, et il y a de quoi !

D’où la nécessité de tenter de rester bienveillants, je m’y efforce non sans mal, votre billet m’y encourage…



J’ajoute pour finir l’argumentation reçue du Pardem (auquel je précise que je n’adhère pas, ert avec lequel je ne suis pas toujours d’accord, loin s’en faut) qui mérite à tout le moins d’être examinée. Grosso modo, je me sens plus proche de cette analyse que des braiements des bonnes consciences pharisiennes à la Joffrin, qui se disent de gauche tout en étant de facto des soutiens on ne peut plus actifs du si confortable (pour eux) système financiaro-médiatique.


Ni Macron ni Le Pen,
appel pour leur infliger un carton rouge par l’abstention citoyenne

Par le Parti de la démondialisation

Le 26 avril 2017

En démocratie, voter c’est choisir.

Les électeurs, au premier tour de l’élection présidentielle, ont choisi de liquider les partis duettistes de l’alternance, PS et LR. Mais le 7 mai, pour le deuxième tour, se laisseront-ils berner par les fausses alternatives qu’on leur propose ? Car malgré ce que l’on tente de nous faire croire, Marine Le Pen n’est pas l’inverse politique d’Emmanuel Macron, mais son complément indispensable et l’impasse symétrique. Il n’existe aucun véritable choix, les deux conduisent le peuple dans une impasse.

Voter pour Marine Le Pen reviendrait à voter pour la xénophobie organisée et une vision identitaire de la nation. Ce serait voter pour un programme incapable de sortir notre pays de la crise, qu’il s’agisse du chômage et de la précarité, des services publics et de la protection sociale. Sur ces derniers secteurs, ce serait même à coup sûr une aggravation supplémentaire.
Voter pour Emmanuel Macron reviendrait à voter pour la finance dont il est l’agent direct et pour l’Union européenne. Ce serait prolonger, donc aggraver le cauchemar cinq années supplémentaires, car Hollande faisait du Macron et Macron fera du Hollande (c’est-à-dire du Fillon, du Sarkozy, du Chirac, du Jospin…). Tout son programme repose sur les vieilles recettes néolibérales qui sont les véritables causes de la crise actuelle.

Déjouer le piège grossier du « front républicain » brandi par les duettistes de droite comme de gauche

Le 7 mai, un carton rouge doit être la réponse massive pour sortir du jeu les deux candidats finalistes. La réponse du peuple sera une abstention massive. Cet acte politique de grande portée vise, d’abord, à délégitimer le résultat de cette élection présidentielle et à affaiblir son vainqueur. Si le total des abstentions, des blancs et des nuls est supérieur à 50%, ou même dépasse le score obtenu par le gagnant du deuxième tour, c’est le peuple qui détiendra la légitimité. Il sera fondé à l’exprimer dans la rue par la mobilisation sociale. Donner un carton rouge par l’abstention massive vise à reconstituer le peuple en tant que corps politique souverain.

Il est d’autant plus important de délégitimer ces deux candidats néfastes qu’ils auront tous les deux bien du mal à réunir une majorité parlementaire claire et stable. S’ils ont été mal élus, avec une faible participation, leur capacité de nuisance, énorme pour tous les deux, en sera d’autant plus réduite. C’est donc le seul acte électoral responsable devant les dangers pour le peuple que représentent ces deux personnages.

Carton rouge aux pseudo bien-pensants à la solde du système néolibéral et de l’Union européenne

Comme en 2002, les appels à « barrer la route à l’extrême droite » se multiplient et à « sauver l’Europe » du péril que représenterait l’élection de Madame Le Pen. Un rassemblement artificiel s’est constitué pour soutenir Monsieur Macron, allant du PCF à la CFDT, en passant par Messieurs Hollande, Valls, Fillon, Juppé, Madame Arthaud, le PS, LR, EELV… Ils sont à l’unisson avec les vibrantes déclarations de Madame Parisot et de Monsieur Gattaz du MEDEF, du milliardaire Bernard Arnault… Malgré leur défaite électorale du 1er tour, il ne leur vient pas à l’idée que leur alliance prétendument anti-FN est contre-productive, suscitant au contraire un surcroît de rejet à leur encontre, qui pourrait se traduire par une forme de neutralité, voire même des signes de sympathie à envers ce FN honni par l’« Établissement ».

Ils refusent de voir – ou plus exactement font semblant de ne pas voir – que les deux finalistes sont les deux faces de la même médaille, et qu’ils incarnent chacun à leur façon le système. Le FN a été installé précisément pour rendre tout choix politique impossible, en permettant l’assimilation de tout projet de démondialisation au FN. Car qui, en effet, pourrait voter pour la haine, la xénophobie, l’attisement de toutes les peurs ? Le vote pour le « moins pire » est ainsi présenté comme un acte de résistance pour sauver le pays. Les partis se revendiquant de gauche ou de droite, main dans la main avec le grand patronat, une fois encore, s’unissent pour rappeler au peuple qu’il n’y a pas d’alternative.

À chaque fois qu’un « front républicain » de pacotille se constitue, le résultat est toujours la consolidation du Front national, qui se voit ainsi formidablement crédibilisé comme l’ennemi public numéro un des partis en place. Alors qu’il en est le secret compagnon, le complément indispensable.

Avec cette conception, l’oligarchie pourra continuer éternellement d’agiter l’épouvantail FN. Il est stupéfiant d’observer, à cet égard, comment cette manipulation du PS (depuis Mitterrand) a anesthésié des colonies entières de « révolutionnaires » et d’ « antifascistes » en peau de lapin, qui se font rouler dans la farine et croient encore qu’il existe actuellement une menace fasciste en France. Le FN est certes xénophobe et néfaste, mais il ne porte pas un projet fasciste dont personne ne veut aujourd’hui, surtout pas les classes dominantes qui ont à leur disposition un système bien plus efficace : l’Union européenne et l’euro.

Délégitimer le vainqueur du 2e tour

Au premier tour, pour la seconde fois dans l’histoire de la Ve République (après 2002), le nombre et donc le pourcentage des abstentions, des blancs et des nuls a été supérieur au résultat du candidat arrivé en tête, Emmanuel Macron. Ce dernier obtient 8 433 346 voix (18,21%) des exprimées, alors que le total des abstentions, des blancs et des nuls est de 10 912 694 (23,34%).

Ces Français-là ne se sont pas sentis représentés parce qu’on ne leur proposait aucune sortie crédible de l’impasse néolibérale. Ils n’ont pas oublié que nous vivions toujours dans un ordre institutionnel qui n’est plus légitime depuis que le Parlement a adopté en 2008 le traité de Lisbonne et bafoué le NON au référendum sur le traité constitutionnel de 2005. Le Pardem est à leur côté pour délégitimer dans les urnes des candidats illégitimes dans les faits.

Nous appelons tous les citoyens qui ne sont pas dupes de la mascarade de ce 2e tour, tous les citoyens qui ne veulent plus du néolibéralisme, tous ceux qui ont voté au premier tour pour l’un des quatre candidats euro-critiques (Asselineau, Cheminade, Dupont-Aignan, Mélenchon), les syndicalistes, à se mobiliser le 7 mai pour infliger à Madame Le Pen et à Monsieur Macron, représentants du système, un immense carton rouge par leur abstention !
Carton rouge pour Macron et Le Pen ! Abstention citoyenne !