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LA CAROTTE ET LE BÂTON



Pour ce premier tour, nous disent éditorialistes et sondages, afin d’éviter que l’extrême Marine soit en tête, vous avez le choix, carotte ou bâton ?
Donc, nous avons le choix. Entre Macron et Fillon, entre la carotte et le bâton.

Ce que j’appelle le libéral-nazisme, ce régime oligarchique faussement démocratique et insidieusement dictatorial nous donne encore (pour combien de temps ?) le choix.
Nous serons violés, mais ça peut se faire doucement ou non.
Je commencerai par rappeler que proposer un faux choix, une fausse alternative, c’est déjà un viol, comme était déjà un viol le « There is no alternative » de cette brave Mrs Thatcher.
Dans les deux cas, il y a viol, puisqu’on prétend nous imposer quelque chose dont nous ne voulons pas et que dans un cas comme dans l’autre ce faux choix sera irréversible.
« Ou tu me laisses te baiser, ou je te viole », tel est le choix qu’on nous offre, si j’ose dire.

Fillon, c’est la version brutale. Le passage en force.
Jusqu’ici, le libéral-nazisme mondialisé, surfant sur l’addiction numérique, s’est installé en douceur, évitant autant que possible l’usage du bâton, mais n’omettant pas de montrer qu’il existe, et qu’il est gros.
Tôt ou tard, la méthode forte dont se rengorge le viril Fillon s’imposera, à mesure que s’aggrave le désastre causé par une mondialisation économique gérée par 1% de prédateurs aux dépens des 99% qui constituent leurs proies plus ou moins consentantes. Pour que les riches continuent à s’enrichir, il faut bien prendre l’argent chez ceux à qui il en reste un peu…

Macron, c’est la version douce. C’est lisse comme une pub de yaourt, soft comme un paquet de Lotus triple épaisseur, commercialement consensuel comme un sourire de Pujadas.
Soft, Macron ? Les « réformes » (entendez les régressions) que ce godelureau veut engager sont tout aussi radicales voire davantage que celles qu’annonce l’agité du bocal sarthois, tant en ce qui concerne l’emploi, toujours plus précaire, que pour les retraites, toujours plus tardives et réduites, ou la finance, qu’il veut toujours plus libérée, afin que nous en soyons toujours davantage captifs.

Le fonceur fou fronce les sourcils, l’affable banquier arbore un sourire ingénu. Le premier nous saute dessus bille en tête, le second nous joue la sérénade avant de nous enlacer.
Nous avons le choix, le tank ou le landau…
Dans les deux cas, pile, ils gagnent, face, nous perdons. TINA !

Devant cette violence de plus en plus évidente à mesure que s’accélère la fuite en avant causée par une panique humaine mondialisée d’autant plus irrésistible qu’elle est refoulée dans l’inconscient collectif par un déni encore à peu près absolu, que pouvons-nous faire, citoyens lambda dépassés par les événements ?
Deux attitudes à première vue possibles, pas forcément efficaces, mais qui au moins soulagent, la marotte ou le Caton, Charline ou Mélenchon.
Le fou du roi, qui brocarde ce pouvoir devenu fou, ou le censeur, qui dénonce et dévoile la réalité sordide cachée derrière les grands mots.
Les deux attitudes peuvent se recouper, l’essentiel étant d’arracher de notre mieux leurs masques à ces détestables polichinelles (au sens exact du terme1) tout en sachant que ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face continueront à voir le masque même quand nous leur aurons fait toucher le mufle.

Une dernière possibilité s’offre à nous, une autre façon de résister et pas la pire selon moi, tourner le dos à ce cirque malsain et s’abstenir : refuser de voter tant que ce ne sera pas pour une Constituante nous permettant de passer de la Ve à la VIe.

Une chose est sûre : si notre incorruptible employeur fictif est élu Président de la République, ce qui serait à mes yeux de la part des électeurs à la fois une erreur et un crime, je ne céderai pas. Suivant son exemple exaltant, à mon tour, je résisterai ! Pas question de reconnaître à ce démagogue populiste plus de légitimité qu’il n’en reconnaît aux juges.
En attendant, je n’aurai pas un mot d’injure envers lui : je n’en trouve aucune suffisante. Sa conduite seule suffit à le juger.
Quant à Macron, sous-marin doucereux de la mafia financière qui dirige de fait notre planète mondialisée, tout doit être fait pour lui barrer à lui aussi la route du pouvoir, son avenante carotte « nouvelle » n’étant qu’un grossier trompe-l’œil, alléchant emballage censé dissimuler la potion magique néo-libérale, ce poison mortel qu’est l’argent-roi.
Le « vote utile », ce piège à électeur gogo, est non seulement inutile mais nuisible.
Le seul vote utile, parce que c’est le seul vote honnête, c’est le vote de conviction.
Ce qui implique d’admettre que l’abstention est parfois le seul vote possible.
Nous aurons une chance d’entrer en démocratie le jour où une majorité d’entre nous sera capable de refuser de participer à ce perpétuel jeu de dupes qu’est l’élection présidentielle, pardon pestilentielle, pour exiger une refondation de nos institutions.
Ce n’est sans doute pas demain la veille…

Comme le prouve ce matin même sur France-Inter le ralliement au financier ultra-libéral d’un des plus purs représentants de la gauche bidon néo-libérale, Delanoé, en une pantomime jésuitique et tartuffesque digne de remplacer la danse du ventre du père Larcher dans le Livre Guinness des records.
C’est Carnaval, et valsent les polichinelles !
Grazie infinite, dit Marine.

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1 Définition du grand Robert : Polichinelle : Personne inconsistante dont les opinions changent sans cesse. Cf Fantoche, Marionnette. Traiter les ministres de Polichinelle.
Et Voltaire : « Ce monde est une grande foire où chaque polichinelle cherche à s’attirer la foule. »



Un complément d’information bien nécessaire peut être trouvé dans ces deux livres : L’intégrisme économique, d’Éric Berr et La silicolonisation du monde, l’irrésistible expansion du libéralisme numérique d’Éric Sadin. Le Figaro a publié un entretien très complet avec l’auteur, et vous en trouverez un autre dans Libération.