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Jean Klépal – Alain Sagault
GOUTTES DE SILENCES – PEINDRE LE SILENCE


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Ce livre à double entrée, fondé sur une pratique assidue de l’art, est une manière d’Éloge du Silence. Nous souhaitons témoigner de notre conviction que retrouver et cultiver le silence est aujourd’hui essentiel.
Chacun a imaginé de baliser un chemin de grande randonnée au travers de ses souvenirs, de ses rencontres, de ses découvertes, de ses émotions artistiques, de ses créations...
Chacun a établi un itinéraire possible. Nos propositions se recoupent et progressent parfois de conserve, même si les haltes ne sont pas identiques. Elles s’augmentent de leurs particularités. Elles vont en tout cas dans la même direction. Voilà pourquoi nous les présentons en parallèle.
C’est la cinquième fois que semblable aventure nous réunit.

De format 22x22 cm, ce livre double présente 59 reproductions.
Il est imprimé tête-bêche sur papier X-Per 140 g des papeteries Fedrigoni,
sous une couverture à dos et rabats en papier X-Per 300 g.
L’édition originale est limitée à 300 exemplaires.

BULLETIN DE SOUSCRIPTION

à adresser à Alain Sagault, 04400 Barcelonnette


M., Mme ……………………………………………………………………..
Adresse……………………………………………………………………….
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……………………………………………………………………….
Souscrit à ……… exemplaire(s) de Gouttes de Silence - Peindre le silence au prix de 30 euros ; chacun (participation aux frais de port + 8 euros). Port offert à partir de deux exemplaires.
Le prix sera de 39 euros (+ port 8 euros) à l’issue de la souscription, qui prend fin le 31 mai.
Et joint un chèque de ……… € à l’ordre d’Alain Sagault.

À……………………, le…………………

Signature



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Bulletin de souscription à imprimer



Maquette du livre : la couverture





DEUX EXTRAITS DU LIVRE


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Fresque romaine - Pompéi



C’est principalement au désastre de Pompéi que nous devons d’en pouvoir saisir les témoignages. Mal connue, méconnue, la peinture romaine est une grande source d’émotion. Elle témoigne d’un si proche lointain passé qu’elle nous est étrangement familière.

Ce portrait d’une jeune femme s’apprétant à écrire sur une tablette de cire impose retenue et silence. Nous ne saurions la troubler.

L’attention que prête l’artiste à son modèle possède quelque chose de bouleversant. Il faut beaucoup d’amour de son sujet et de son travail de peintre pour réussir une telle œuvre. L’instant est saisi dans toute sa vérité. Que cherche cette jeune personne, à quoi pense-t-elle ? Elle est tout simplement comme chacun d’entre nous lorsque le mot manque ou qu’une pensée s’absente.
Attente d’un je ne sais quoi sauveur. Se manifestera-t-il ?

Pourrions-nous lui venir en aide, l’écouter suffisamment pour cela ?

Cette image nous renvoie à nous-mêmes quand nous réalisons que ne savons pas, et que nous sommes réduits à l’immédiat de notre limite. La singularité du portrait le rend universel. Le temps ne compte pas, il est permanence.

Nul besoin de prendre la pose ou de prétendre à l’originalité. Simplement voir et regarder, simplement ressentir.
La peinture la plus forte, la plus expressive, réside en cela qu’elle nous concerne tous, elle repose sur l’évidence de la simplicité, de l’intelligible, et du lumineux.

Jean Klépal




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Caspar David Friedrich, Riesengebirge vor Sonnenaufgang, 1830/1835, 72x102 cm


S’il est un peintre qui a le sens du silence, parce que pour lui le silence a un sens, c’est bien Friedrich, comme l’illustrent ses tableaux et ses écrits. Pour être sûrs de ne pas avoir à parler, ses personnages nous tournent le dos ; ils regardent au loin la vision du peintre, forçant sans en avoir l’air notre regard à devenir le leur, et à partager le spectacle auquel ils nous invitent…
Le peintre fait ainsi taire le regardeur, et de la même manière ses tableaux visent à faire taire la banalité pour donner la parole à ce qu’elle recèle de mystère, d’où le silence hiératique dans lequel semblent baigner la plupart de ses œuvres.

Friedrich peint des paysages réels qu’il transfigure en les rendant symboliques par la magie de la lumière et des contrastes dont il joue jusqu’à révéler ce qui, au cœur même de la matière, la transcende. Non seulement il parvient à restituer l’essence d’un paysage, l’atmosphère particulière qui en émane, mais il en fait une allégorie, soit par le truchement des personnages qui lui confèrent sens et sentiment par la contemplation où les plonge ce spectacle, soit, comme dans le si dépouillé et stupéfiant Riesengebirge vor Sonnenaufgang, par le seul déploiement majestueux du paysage, passant, par couches successives de plus en plus lointaines et évanescentes, d’une obscurité massivement opaque à une lumière éthérée, métaphore du passage du monde matériel au spirituel.

Voici un paysage qui présente aux yeux de l’inconscient le chemin de rédemption de l’existence humaine, des ténèbres de la terre à la gloire céleste, comme à la Madeleine de Vézelay, une seule fois l’an, le jour du solstice d’été, les fidèles passent de l’ombre du narthex à l’éblouissante lumière du chœur en suivant le chemin tracé au long de la nef par la succession des taches lumineuses posées sur le sol par les rayons de soleil à travers les fenêtres latérales de la basilique.

Entre représentation concrète et figuration symbolique se joue ici la relation organique de la matière picturale au désir métaphysique de l’artiste, caractéristique du meilleur de l’approche romantique, idéalement formulée par le Baudelaire des Correspondances :

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.


Alain Sagault